Bac Spécialité SVT 21 novembre 2025 Nouméa (Nouvelle Calédonie)
Exercice 2 : (9 points) De la plante sauvage à la plante domestiquée - Evolution de la reproduction de la Pensée des champs
L’écologie de résurrection consiste à cultiver des graines anciennes, récoltées sur le terrain il y a plusieurs années. Elle permet d’étudier l’évolution des espèces sur quelques dizaines de générations.
Des chercheurs ont étudié l’évolution de la Pensée des champs (
Viola arvensis), en particulier, l’évolution des modalités de sa reproduction.
Montrez en quoi l’évolution des populations de pollinisateurs peut être corrélée à l’évolution des modalités de la fécondation chez la Pensée des champs sur les trente dernières années.
Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données des documents et les connaissances complémentaires utiles.
document 1 : organisation de la fleur de la Pensée des champs et paramètres mesurés
La longueur de la corolle (ensemble des pétales) et la largeur du labelle permettent de calculer la surface florale. Les guides sont des lignes pigmentées au niveau des pétales attirant les insectes pollinisateurs.
d'après Samson Acoca-Pidolle et al.. 2024. Ongoing convergent evolution of a selfing syndrome threatens plant–pollinator interactions. New Phytol, 242: 717-726. DOI:
10.1111/nph.19422
document 2 : étude des caractères morphologiques de la fleur de la Pensée des champs chez différentes populations
Les fleurs analysées proviennent de graines prélevées dans quatre communes du Bassin Parisien (Co: Commeny, Cr: Crouy, Gu: Guernes, Lh: Lhuys):
– dans les années 1990 (populations ancestrales notées « A »);
– en 2021 (populations descendantes notées « D »).
On évalue la surface florale et le nombre de guides floraux dans les populations ancestrales et descendantes au sein des différentes populations (Co, Cr, Gu et Lh).
Barre d’incertitude indiquant la variabilité des mesures
d'après Samson Acoca-Pidolle et al.. 2024. Ongoing convergent evolution of a selfing syndrome threatens plant–pollinator interactions. New Phytol, 242: 717-726.
document 2a : surface florale pour les différentes populations étudiées
document 2b : nombre de guides par fleur pour les différentes populations étudiées
document 3 : volume de nectar et proportion de visites chez les différentes populations
Dans les différentes populations (Co, Cr, Gu et Lh) et chez les plantes issues de graines ancestrales (A) et descendantes (D), on mesure le volume de nectar produit par fleur et le nombre de visites par des Bourdons, par plante.
Dans cette expérience, la quantité de Bourdons est la même pour toutes les populations étudiées.
| Populations étudiées |
CoA |
CoD |
CrA |
CrD |
GuA |
GuD |
LhA |
LhD |
| Volume de nectar en µL |
0,512 |
0,450 |
0,330 |
0,249 |
0,586 |
0,379 |
0,248 |
0,239 |
| Proportion de visites par plante par des Bourdons |
0,083 |
0,056 |
0,073 |
0,062 |
0,068 |
0,051 |
0,061 |
0,053 |
d'après Samson Acoca-Pidolle et al.. 2024. Ongoing convergent evolution of a selfing syndrome threatens plant–pollinator interactions. New Phytol, 242: 717-726.
document 4 : taux d’autofécondation et diversité allélique des populations de Pensée des champs
| Populations étudiées |
CoA |
CoD |
CrA |
CrD |
GuA |
GuD |
LhA |
LhD |
| Taux d’autofécondation* |
0,74 |
0,89 |
0,66 |
0,70 |
0,44 |
0,80 |
0,33 |
0,88 |
| Indice de diversité génétique** |
0,302 |
0,099 |
0,436 |
0,432 |
0,314 |
0,324 |
0,315 |
0,245 |
* Le taux d’autofécondation correspond à la proportion de fleurs où un gamète mâle féconde un gamète femelle de la même fleur.
** L’indice de diversité génétique reflète la diversité allélique. Plus il est élevé, plus la diversité allélique est importante.
d'après Samson Acoca-Pidolle et al.. 2024. Ongoing convergent evolution of a selfing syndrome threatens plant–pollinator interactions. New Phytol, 242: 717-726.
document 5 : évolution des populations de grands insectes pollinisateurs depuis 1980 en Grande-Bretagne
Les Syrphes et les Abeilles tout comme les Bourdons sont des insectes pollinisateurs. Les résultats obtenus en Grande-Bretagne peuvent être appliqués au Bassin Parisien.
d'après Powney et al. 2019. Nature Communications 10:1018.