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Hominidés
Poly- vs mono-
Vers un gros cerveau ?
La femme de Flores
La marche du progrès
Des Loups et des Hommes
Cet essai n'a pas la prétention d'être exhaustif, mais met l'accent sur toutes les découvertes qui ont conduit à des changements de points de vue. C'est ce qui rend cette histoire passionnante.

L'étonnant succès du livre de Yuval Noah Harari publié en hébreux en 2011, puis en français en 2014 sous le titre Sapiens: Une brève histoire de l'humanité à suscité une floraison d'ouvrages sur ce même thème. A l'image de l'original, ces livres mèlent à des degrès divers science et fiction, passé et futur. malgré ce qu'écrit Yuval Noah Harari, il n'est pas toujours possible au lecteur non spécialiste de faire la part des choses, entre données consensuelles et interprétations ou anticipations personnelles.

Certaines images peuvent être agrandies

A peine quelques centaines de fossiles ont étés découverts, souvent limités à quelques os, voire une dent; le séquençage des génomes fossiles reste limité et l'interprétation des résultats encore balbutiante; la seule connaissance bien établie sur l'évolution de l'Homme, c'est que notre ignorance est immense.

Mâchoire d'Homo denisova, Xiahe
Une nouvelle étude (analyse des protéines) d'une machoire découverte en 1980 dans une grotte près de Xiahe, au Tibet permet d'attribuer cette machoire aux Denisoviens (Fahu Chen, 2019). La datation, nouvelle, elle aussi, des calcifications recouvrant cette mâchoire lui donne un âge minimum de 160 000 ans. Ceci montre que l'occupation humaine des hauts plateaux tibétains est bien plus ancienne qu'estimée préalablement. Cette étude confirme aussi les analyses génétiques réalisées chez des Tibétains et des chinois Han qui montrait la présence d'un haplotype (un ensemble de gènes) commun avec Denisovia 3 (Emilia Huerta-Sánchez, 2014). Cet haplotype comprend notamment le gène EPAS1 dont la présence est associée à des différences de concentration de l'hémoglobine en haute altitude. La séquence aurait été acquise par les Tibétains lors d'échanges génétiques avec les Denisoviens.
2019

hoffmann-2018-f1
Une équipe menée par Dirk Hoffmann date à plus de 65 000 ans, par la méthode uranium-thorium, certaines fresques de trois grottes ornées espagnoles: La Pasiega (Cantabrie), Maltravieso (Estrémadure) et Ardales (Andalousie); grottes connues pour avoir été occupées par des humains (Homo) depuis au moins 100 000 ans. Homo neanderthalensis était le seul humain présent dans ces régions il y a 65 000 ans.

La conclusion semble simple, mais on sait que cette méthode de datation peut donner, dans certains cas, des résultats aberrants; si ces données sont confirmées dans d'autres sites, notre vision de la culture néandertalienne serait profondément modifiée et dans l'attente, cette datation apporte de nouveaux arguments dans le débat de plus en plus vif entre partisans d'une culture néandertalienne évoluée et leurs opposants (Dirk Hoffmann, 2018).
2018

Une nouvelle technique d'enrichissement de l'ADN mitochondrial présent dans les sédiments permet de reconstituer la fréquentation des grottes par des Hominidés ou des espèces animales au cours du temps (Vivian Slon, 2017).
2017

Mâchoire d'Homo sapiens, Jebel Irhoud
Découverte au Jebel Irhoud, au Maroc, de fossiles, en particulier d'une mâchoire, attribué à Homo sapiens et daté de 315 ± 34 milliers d'années.

Ceci augmente de plus de 100 000 ans l'âge du plus ancien Homo sapiens connu auparavant (Jean-Jacques Hublin, 2017).
2017

Une étude génétique de séquences d'ADN nucléaire de fossiles néandertaliens provenant de la Sima de los Huesos et datés de 430 000 ans situeraient l'ancêtre commun Homme de Néandertal / Homo sapiens vers -660 000 ans. (et à peu près le même âge pour l'ancêtre commun Homme de Denisova / Homo sapiens -le contraire serait incohérent-); l'ancêtre commun Homme de Néandertal / Homme de Denisova se situerai lui vers -440 000 ans (Meyer, 2016).
2016

L'analyse de fossiles (une mandibule et quelques dents) découverts en 2014 sur le site de Mata Menge et datés de 700 000 ans en fait les plus anciens restes humains trouvés sur Flores. Leur ressemblance avec LB1 (découvert à Liang Bua) incite les auteurs à proposer une évolution "inversée" d'Homo floresiensis (nanisme insulaire) à partir d'Homo erectus depuis une époque très ancienne (Gerrit van den Bergh, 2016). Cette découverte complète celle d'Adam Brumm (2006).
2016

Une chercheuse belge, Sophie Verheyden, date d'étranges structures formées de stalagmites cassées, couchées et disposées en cercle à 176 000 ans (Verheyden, 2016). Ces structures on étés "construites" par l'Homme de Néandertal à 335 m de l'entrée de la grotte de Bruniquel (Quercy, France), dans un but aujourd'hui inexpliqué.

La grotte de Bruniquel a été découverte en 1990 et ses constructions stalagmitiques avaient été jusqu'alors négligées.
2016

Une réinterprétation de la stratigraphie de la grotte de Liang Bua conduit à réviser la datation des restes d'Homo floresiensis qui remonteraient au moins à 60 000 ans (Sutikna, 2016). Les outils associés seraient datés d'entre - 190 000 à - 50 000 ans.

Ces données réfutent définitivement l'idée d'Homo sapiens pathologiques mais reposent sous un jour nouveau la question de la cohabitation entre les deux espèces: Homo floresiensis était présent bien avant l'arrivée d'Homo sapiens sur l'ile de Flores (vers - 50 000 ans). Savoir s'il a survécu à cette arrivée reste une question ouverte.
2016

L'ADN mitochondrial et nucléaire de deux nouvelles dents de Denisoviens est séquencé en partie par Susanna Sawyer (Sawyer, 2015).
2015

Outils de pierre - Lomekwi, Kenya
Découverte d'outils de pierre de grande taille, datés de 3,5.106 ans sur le site de Lomekwi, au Kenya (Sonia Harmand, 2015). Ces données éteignent la controverse sur la découverte de McPherron, en 2010.
2015

Publication de la découverte en 2013, dans une grotte d'Afrique du sud (Rising Star), de plus de 1 500 ossements attribués à une quinzaine d’individus de tous âges et des deux sexes. Il s'agit d'une nouvelle espèce, nommée Homo nadeli par Lee Berger et son équipe, présentant un mélange de caractères modernes et archaiques (le volume cranien est celui d'un Australopithèque) (Berger, 2015).

Cette découverte, exceptionnelle par la quantité de fossiles collectée, soulève au moins autant de controverses que celle d'Homo floresiensis. L'accumulation de ces squelettes dans une partie reculée et très difficile d'accès de la grotte pourrait indiquer une pratique d'inhumation. Pour le moment, les os n'ont pas pu être datés avec certitude.
2015

Main au pochoir - grotte de Leang Timpuseng, Maros, Sulawesi, Indonésie
Des mains peintes au pochoir dans 7 grottes du karst de Maros (ile de Sulawesi, Indonésie) et connues depuis les années 50 sont datées par la méthode uranium-thorium d'environ 40 000 ans, c'est à dire bien plus anciennes qu'estimé auparavant. Cette datation qui amplifie la découverte de Coliboaia montre que la pratique d'un art rupestre par Homo sapiens est ancienne et généralisée dans le monde (Aubert et all, 2014).
2014

Découverte d'un symbole formé de traits entrecroisés gravé sur le plancher de la grotte de Gorham (Gibraltar); cette gravure était couverte par une couche archéologique datée de 39 000 ans. pour les auteurs, cette découverte démontre la capacité des Néanderthaliens a utiliser une pensée abstraite et a s'exprimer par des symboles géométriques (Rodríguez-Vidala, 2014).
2014

Découverte par l'équipe de Yohannes Haile-Selassie de fragments de mâchoires et de quelques dents, appartenant à au moins deux individus et classés dans une nouvelle espèce Australopithecus deyiremeda. Ces fossiles de la région de l'Afar sont datés de 3,4.106 ans (Haile-Selassie, 2015).
2014

Le réexamen du site de la découverte en 1908 d'un néandertalien à La Chapelle aux Saints montre que la fosse où a été trouvé le squelette a été artificiellement creusée et que l'enfouissement a été très rapide, apportant la preuve d'un enterrement intentionnel. Les restes de trois autres individus ont aussi été découverts montrant une occupation prolongée des lieux (Rendu, 2013).
2013

Découverte dans la grotte de Razboinichya dans le sud de la Sibérie d'un crâne de Chien vieux de 33 000ans (Hodgins, 2011). Ceci montre que la domestication du Loup est très ancienne et s'est réalisée à de multiples reprises. La divergence entre Canis lupus (le Loup) et Canis lupus familiaris (Le Chien) serait même bien plus ancienne selon des études génétiques. Le Loup est le plus ancien animal domestiqué par l'Homme et le comportement social du Loup a probablement facilité cette domestication.

Selon Pierre Jouventin, qui a élevé un Loup au milieu de sa famille dans les années 1970, le Loup domestiqué aurait constitué un auxilliaire précieux dans les activités de chasse d'Homo sapiens.
2011

Rhinoceros - grotte de Coliboaia
Découverte, dans une partie partiellement immergée de la grotte de Coliboaia en Roumanie, de dessins au charbon. La technique utilisée, sans être aussi spectaculaire, rappelle celle de la grotte Chauvet, ce que confirment des datations qui donnent un âge de 32 000 à 35 000 BP (Ghemis, 2011).
Cette découverte montre que la réalisation de fresques dans des grottes présente une extension géographique et temporelle bien plus considérable qu'imaginé jusqu'alors.
2010

Découverte dans la vallée de Awash, en Ethiopie, de deux os fossilisés portant des traces de coupures ou grattage pour arracher les chairs et de chocs pour les briser, probablement pour en extraire la moelle (McPherron, 2010). Ces os sont datés de 3,4.10ans, donc contemporains d'Australopithecus afarensis

Cette découverte conforte l'utilisation d'outils par les Australopithèques, en la repoussant dans le temps. La plus ancienne preuve précédente la situait au minimum à -2,5 à -2,6.106 ans.
2010

Science Vol 328 Issue 5979
Publication d'un numéro spécial de Science consacré au séquençage du génome d'Homo neanderthalensis.

Comme pour le projet Génome Humain (Human Genome Project), qui a abouti au début des années 2000, ce travail donne (et donnera) lieu à des publications plus ou moins anticipées. Il n'en reste pas moins que le résultat, même partie, illustre les étonnants progrès réalisés dans l'analyse de l'ADN, l'amplification des traces disponibles, le contournement des contaminations...

A la date de la parution de l'article, environ 60% du génome est séquencé. Les premiers résultats confirment : En attendant un séquençage plus complet et une meilleure compréhension du rôle des éléments séquencés, ce travail est plus une confirmation qu'une révolution: la barrière spécifique entre Néandertal et nous est fragile, voire floue; Néandertal n'est ni la brute stupide qu'imaginait P. Boule il a 100 ans, ni l'équivalent d'Homo sapiens; enfin la théorie Out of Africa trouve ici une confirmation définitive tout en recevant une correction marginale puisque quelques échanges ont eu lieu après la séparation initiale.
2010

L'analyse de L'ADN mitochondrial provenant d'une phalange (Denisova 3) découverte dans la grotte de Denisova (Sibérie) et datée entre -50 000 et -30 000 ans, montre une séquence originale différant à la fois de l'Homme moderne et des Néandertaliens (Krause, 2010).

L'ancêtre commun de cette espèce et de l'Homme moderne aurait environ 1.106 ans (un âge réduit depuis à environ 600 000 ans). Ainsi trois espèces du genre Homo, dont une jusqu'alors inconnue, auraient coexisté récemment en Sibérie.

Une deuxième étude, cette fois de l'ADN nucléaire, par la même équipe (Svante Pääbo) montre que les Denisoviens sont plus proches des Néandertaliens que des Homo sapiens, mais aussi que les Dénisoviens ont contribué pour 4 à 6 % au génome des Mélanésiens; il n'ont eu aucun échange avec les Européens (Reich, 2010). Ceci est interprété par une large présence en Asie des Denisoviens.

Le séquençage de l'ADN de cette phalange a été amélioré par Meyer en 2012 (Meyer, 2012) en en faisant à cette date le mieux connu des génomes fossiles.
2010

Deux fossiles relativement complets (MH1 et MH2) de ce qui serait une nouvelle espèce d'Austalopithèque (Australopithecus sediba), ont étés découverts dans une grotte de Maropeng, en Afrique du sud (Berger, 2010).

Datés de 1,78 et 1,95 million d'années, la morphologie des deux fossiles indique que l'espèce pourrait descendre d' Australopithecus africanus, mais présenterait plus de caractères dérivés communs avec Homo qu'aucune autre espèce d'Australopithèque.
2010

La main d'Ardipithecus
Publication d'un numéro spécial de Science consacré à Ardipithecus ramidus. Le fossile principal, Ardi, découvert à Aramis, Ethiopie, fin 1994, est daté de -4,4.10ans; fragile et difficile à dégager, il s'est écoulé 5 ans entre la découverte et la première publication (Lovejoy, 2009).

La main d'Ardipithecus ressemble à celle de l'Homme et non à celle des grands singes. Ainsi cette dernière est un état évolué (qui représente une adaptation à la suspension dans les arbres) et celle de l'Homme un état primitif. La formule de Lamarck «L'Homme est un singe descendu des arbres», encore très présente dans l'inconscient collectif, est définitivement caduque.
2009

Le pied d'Homo floresiensis
Une analyse du pied d'Homo floresiensis souligne sa grande longeur proportionnellement à la jambe, caractéristique présente seulement chez certains singes (Jungers, 2009).

Selon les auteurs, le pied lui même présente une mosaïque de caractères modernes et d'autres plus primitifs. Ils rejoignent la réinterprétation de Peter Brown de 2005 proposant une filiation avec un Hominidé plus primitif qu'Homo erectus, mais dont les traces en Asie sont encore inconnues. Accessoirement, cette étude écarte une nouvelle fois l'idée d'une explication de l'Homme de Flores par une pathologie d'Homo sapiens.
2009

Mark Moore (Moore, 2009) étudie plusieurs milliers de déchets issus de la taille d'outils provenant de la grotte de Liang Bua. Une couche datée entre -95 000 et -17 000 ans (dans laquelle on a aussi retrouvé les ossements d'Homo floresiensis) est surmontée vers -12 000 ans par une couche de tuf volcanique, puis par une nouvelle couche riche en fragments de pierre taillés marquant l'occupation de la grotte par Homo sapiens il y a -11 000 ans.

Le processus de fabrication est resté identique pendant toute la première période et les changements n'apparaissent que lors de la transition, il y a -11 000 ans (tout en restant assez limités).

L'étude montre aussi que les outils de la couche la plus ancienne ne sont pas aussi "évolués" qu'on l'avait cru et qu'ils peuvent très bien avoir été produits par un Hominidé autre qu'Homo sapiens.
2009

Analyse de la séquence complète de l'ADN mitochondrial d'un fossile néanderthalien de la grotte de Vindija en Croatie (Green et al. 2008). Cette analyse confirme le premier travail de Krings et al. sur l'ADN mitochondrial néandertalien.

L'étude situe la divergence entre les deux lignées à -660 000 ± 140 000 ans.
2008

Des squelettes de petite taille (1 m) datés de -1400 à -2890 BP (before present) sont mis à jour dans l'ile de Palau. En raison du caractère fragmentaire des squelettes, la taille du cerveau n'a peut être déterminée, tout en étant estimée à moins de 1 000 cm3. Ces individus sont considérés par leurs découvreurs comme appartenant à une population d'Homo sapiens adaptée à des conditions de vie particulières (nanisme insulaire) et présenteraient des caractères communs avec LB1, témoignant d'une convergence aptative et non d'une parenté comme l'absence de menton, ou un menton réduit (Berger, 2008).

Si cette découverte peut apporter des arguments pour reconsidérer la filiation de LB1, elle montre a contrario que la taille du cerveau n'est pas une caractéristique d'Homo sapiens !
2008

Trapézoïdes d'Hominidés
L'analyse par Matthew W. Tocheri et ses collaborateurs du poignet d'Homo floresiensis montre un état primitif différent de l'état évolué acquis par Homo sapiens et Homo neanderthalensis. Ceci exclut qu'Homo floresiensis soit un squelette d'Homo sapiens pathologique (Tocheri M. et al., 2007).
2007

Découverte, par une équipe internationale (dirigée par Fred Spoor), de deux fossiles quasi comtemporains d'Homo habilis et d'Homo erectus agés respectivement de 1,44 et 1,55.106 ans. Cette datation remet en cause la succession Homo habilis > Homo erectus en montrant que les deux espèces ont cohabité (Spoor F. et al., 2007).
2007

Découverte de Selam (DIK-1/1), squelette d'une Australopithecus afarensis dont l'âge est estimé (par comparaison avec le développement dentaire des Chimpanzés) à 3 ans. Le pied et d'autres os du membre inférieur indiquent une bipédie bien établie, alors que l'omoplate semblable à celle d'un Gorille et les phalanges recourbées sont en faveur d'un déplacement arboricole important (Alemseged et al., 2006).
2006

Marian Vanhaeren et ses collaborateurs datent entre -100 000 et -135 000 ans des coquillages perforés (probablement utilisés comme colliers) provenant du Moyen Orient (Skhul) et d'Algérie (Oued Djebbana).

Ce témoignage d'activité artistique précède d'au moins 25 000 ans les découvertes de la grotte de Blombos.
2006

Publication de l'étude d'outils et de fossiles d'animaux (Stegodon florensis) extraits du site de Mata Menge, dans l'ile de Flores (Indonésie). Les outils, datés de 840 000 à 700 000 ans montrent une continuité de technologie avec ceux découverts à Liang Bua, 50 km à l'ouest et 700 000 ans plus tard. Ceci invalide l'interprétation selon laquelle les outils de Liang Bua aurait été produits par des Homo sapiens (Adam Brumm, 2006).
2006

A partir d'une analyse génétique de 20 millions de paires de bases des génomes de l'Homme, du Chimpanzé, du Gorille, de l'Orang-outan et du Macaque, David Reich et ses colaborateurs datent la divergence de l'Homme et du Chimpanzé entre -6,3.106 ans et -5,4.106 ans. La séparation se serait accompagnée du maintien d'hybrides pendant près d'un million d'années (Reich et al., 2006).

Cette étude relance le débat entre paléontologues et généticiens sur la date de la divergence Homme / Chimpanzé initié en 1969 par V. Sarich.
2006

lascaux_salle_gauche_chronologie
Norbet Aujoulat publie le résultat d'une vingtaine d'années d'études minutieuses de la grotte de Lascaux dont il est le conservateur.

Sur 1963 figures répertoriées, le Cheval est représenté 364 fois, le Cerf 90 fois, l'Aurochs 28, le Bison 26. Cheval, Cerf et Auroch forment de grandes compositions et sont toujours peints dans une succession invariable révélée par la superposition des pigments: d'abord le Cheval, puis l'Auroch et enfin le Cerf. Pour Aujoulat, le Cheval est représenté en fin d'hiver, l'Auroch dans sa livrée d'été et le Cerf à l'automne. Il s'agit de la saison de l'accouplement de chacune de ces espèces.

Ainsi seraient symbolisés le temps biologique en association au temps cosmique. Lascaux est le témoignage d'une pensée abstraite appronfondie, une métaphore de la création de la vie et du monde Aujoulat, 2004 et Aujoulat, 2008).
2004

Reconstitution de Peter Schouten

Outils d'<em>Homo floresiensis</em>
Découverte d'Hominidés nains nommés Homo floresiensis par Peter Brown dans la grotte de Liang Bua sur l'ile de Florès. Le squelette principal (LB1) est daté indirectement à -18 000 ans et mesure environ 1 m pour un volume cérébral de 350 cm3. Les fouilles ont aussi mis au jour des outils de pierre évolués et de petite taille (en association directe avec des os fossiles de l'éléphant nain Stegodon, ce qui suggère que Stegodon était chassé).

Ces Hominidés sont interprétés comme une évolution insulaire d'Homo erectus (Brown et al, 2004) (Morwood et al, 2004).

Le nanisme d'Homo floriesensis donne une résonnance étrange aux légendes de l'ile de Flores qui parlent d'Ebu Gogo, le "petit homme".

Pour tous ceux qui croyaient encore à une évolution linéaire et orientée (par exemple à l'augmentation continue de la taille du cerveau), cette découverte est une bombe. Les partisans d'une évolution linéaire sont conduits à rejetter l'interprétation de Peter Brown. L'Homme de Flores ne serait qu'un Homo sapiens pathologique (atteint, par exemple de microcéphalie). Cette échappatoire classique (déjà invoquée lors des premières découvertes d'Hominidés fossiles: 1856, Neander) bute rapidement sur de nouveaux faits (Falk, 2005.

La découverte en 2005 de nouveaux fossiles plus anciens (Morwood et al, 2005), mais bien moins complets, rejette l'idée d'une anomalie présentée par quelques individus, mais conduit Peter Brown à s'interroger sur la filiation de cette espèce (remise en cause des liens supposés avec Homo erectus).
2003

Publication de La structure de la théorie de l'évolution par Stephen Jay Gould ( Gould, 2002). Cette "bible" de 2 000 pages constitue à la fois une analyse magistrale de l'histoire des idées sur l'évolution, et une argumentation sans concession des conceptions émises depuis longtemps par Gould (évolution buissonante et sans but, absence de progrès, contingence, hiérarchie des mécanismes en jeu).
2002

Découverte à Dmanisi en Georgie d'un squelette presque complet (D2700). Le volume cranien n'est que de 600 cm3, ce qui en faisait, dans une interprétation "classique", l'hominidé le plus "primitif" découvert hors d'Afrique (Vekua et al. 2002, Balter and Gibbons 2002). Sa position phylogénétique est discutée et doit être ré-analysée à partir des découvertes ultérieures (comme celle d'Homo floresiensis).
2001

crâne de Toumaï

Reconstitution du crâne de Toumaï
Découverte de Toumaï Sahelanthropus chadensis (TM 266-01-060-1) par Ahounta Djimdoumalbaye au Tchad. Daté de-6 à -7.106 ans d'après la faune l'accompagnant, ce crâne déformé est l'un des plus anciens fossiles qui pourrait se classer dans la lignée humaine (Brunet et al. 2002, Wood 2002).

Bien qu'il présente un mélange de caractères évolués et de caractères primitifs, la reconstruction du crâne confirmerait ce point de vue en rejetant une parenté avec les grands singes (Zollikofer, 2005). S'il en est bien ainsi, ce fossile, de l'aveu même d'Yves Copens, sonne le glas de l'East Side Story.
2001

cussac_grand_panneau_mammouth
Découverte du réseau orné de la grotte de Cussac en Dordogne (l'entrée de la grotte était seule connue auparavant).

L'ornementation est exclusivement constituée de gravures dans un calcaire tendre (ou de tracés dans l'argile). De part la variété des traces d'occupation humaine qu'elle recelle, les thèmes représentés et la maitrise artistique dont témoingnent les gravures, la grotte est considérée comme exceptionnelle, une sorte de "Lascaux de la gravure". Son étude est menée avec d'infinies précautions afin de préserver au maximum tous les indices de l'activité humaine paléolithique.
2001

Une chercheuse "indépendante", Chantal Jègues-Wolkiewiez (Jègues-Wolkiewiez, 2008), montre que la grotte de Lascaux, comme la plupart des grottes du Périgord était (avant l'effondrement de son porche) partiellement éclairée par le soleil une partie de l'année (au coucher du soleil du solstice d'été pour la salle des Taureaux). S'il est difficile de suivre Jègues-Wolkiewiez jusqu'au bout de son raisonnement (vision d'images de constellations du zodiaque dans les fresques), cette mise en évidence renforce le caractère cosmique de la grotte déjà signalé par Norbert Aujoulat, 2004. L'art «des ténèbres» pourrait être un art solaire !

L'effondrement du porche de la grotte de Lascaux
L'effrondrement de l'entrée du porche de Lascaux modifiant les conditions d'éclairage est connue depuis longtemps (Leroi-Gourhan Arlette, 1979), mais est restée curieusement mise de côté.
2000

Martin Pickford et Brigitte Senut découvrent Orrorin tugenensis, constitué d'un fémur, de dents et de quelques os du bras, dans des roches de 6 millions d'années. Le fémur indique qu'il était bipède alors de les os du bras témoignent d'adaptations arboricoles. La taille serait celle d'un Chimpanzé. Les faunes associées (Impalas et singes colobine) indiquent une forêt ouverte.

Ses découvreurs le considèrent comme plus proche de l'Homme que des Australopithèques (Senut et al. 2001), rejettant l'ancêtre commun de l'Homme et du Chimpanzé au delà de 7 millions d'années et argumentant la divergence par des changements climatiques (East Side Story d'Yves Coppens). Cette interprétation phylogénétique a été mise en doute (Aiello and Collard 2001).

2000

Première analyse d'ADN mitochondrial (mtDNA) de Néandertalien. L'importante différence d'avec les séquences de divers hommes modernes supporte l'idée que les Néandertaliens n'ont pas eu (ou ont eu très peu) d'échanges génétiques avec les Homo sapiens (Krings et al. 1997; Kahn and Gibbons 1997). L'étude sera suive deux ans plus tard par l'analyse de séquences de mtDNA d'autres fossiles néandertaliens (Ovchinnikov, 2000, Höss 2000, (Krings et al. 2000).
1997

Les plus anciens outils de pierre connus sont découverts à Gona, en Ehiopie, dans des sédiments daté de -2,5 à -2,6.106 ans (Semaw et al. 1997).

Ceci remet en cause l'exclusivité de la fabrication d'outils de pierre attribuée un temps au genre Homo.
1997

Des squelettes d'Homo erectus découverts précédement dans le centre de l'ile de Java (Ngandong and Sambungmacan) sont redatés entre -51 000 et -27 000 ans, ce qui implique la coexitence dans cette région d' Homo erectus et d'Homo sapiens (Swisher et al. 1996). Cette datation met en cause la théorie multirégionale défendue par Milford Wolpoff qui propose l'évolution des Homo erectus asiatiques en Homo sapiens.
1996

Michel Brunet découvre à Bhar el Ghazal au Tchad une mâchoire surnommée Abel (AL 288-1) et datée de -3 à -3,5.106 ans.

C'est le premier fossile qui contredit la théorie de l'East Side Story d'Yves Coppens (Coppens, 1983). Les espèces animales qui l'accompagnent indiquent la présence d'un grand lac entouré de forêt et d'étendues herbeuses (Australopithecus bahrelghazali).
1995

Redécouverte de Little foot (Stw 573) daté de -4.106 ans. C'est un pied trouvé dans les années 70 et qui n'a été attribué à un Australopithèque que bien plus tard. D'autres os du même individu seraient encore à dégager (Partridge et al. 2003).
1995

Découverte par André Keyser, dans la grotte de Drimolen en Afrique du sud, d'Eurydice (DNH7), classé dans l'espèce Australopithecus robustus. L'âge de ce squelette très complet d'une femelle est estimé entre -2 et -1,5.106 ans. Un mâle surnommé Orpheus (DNH 8) avait été trouvé à peu de distance (Keyser 2000).
1994

KP29285

KP29285
Découverte par Kamoya Kimeu à Kanapoi au Kenya d'un tibia incomplet : KP 29285 (Australopithecus anamensis). La robustesse du plateau tibial et l'âge de -4,1.106 ans en font le plus ancien témoignage incontesté de bipédie chez les Hominidés.
1994

Chevaux, Chauvet

Lions, Chauvet
Découverte par Jean-Marie Chauvet de la grotte ardéchoise qui porte aujourd'hui son nom. Comme à Lascaux, l'entrée principale s'est effondrée, préservant les peintures jusqu'à nos jours. L'exécution de ces peintures date de l'Aurignacien pour les plus anciennes (environ -30 000 ans). La grotte ayant été de nouveau occupée au Solutréen, il se pourrait qu'au moins une partie des peintures (en particulier certaines de celles tracées à l'ocre rouge et marquées par une schématisation poussée) soient plus récentes.

L'ancienneté des peintures conduit à reconsidérer toutes les théories sur une évolution des styles (de peinture) vers un naturalisme toujours plus grand au fil du temps et des progrès techniques. Dans la grotte Chauvet, les représentations élaborées réalisées au charbon dans les salles les plus profondes ne succèdent pas aux impressions de mains à l'ocre rouge, elles les précèdent.

Pendant plus de 15 000 ans Homo sapiens a peint et gravé des figures d'animaux et des symboles abstraits dont la signification nous échappe.
1994

Atapuerca 5
Découverte à la Sima de los Huesos d'un crâne : Atapuerca 5 daté d'environ -300 000 ans avec un volume cérébral de 1 125 cm3. Bien qu'il présente de nombreux caractères néandertaliens, sa position phylogénétique est discutée (Arsuaga et al. 1993; Johanson and Edgar 1996).
1992

Shell beads
Découverte dans la grotte de Blombos (Afrique du sud) par Christopher Henshilwood, d'outils de pierre, de blocs d'ocre gravés et de colliers de coquillages, datés de -80 000 à -70 000 ans.

1991

Rebecca Cann et ses colaborateurs analysent l'ADN mitochondrial de 241 individus et concluent que les Homo sapiens actuels dérivent d'une petite population ayant vécu en Afrique il y a 200 000 ans (Cann, 1987). Cette théorie sera nommée par d'autres Out of Africa ou avec quelques connotations religieuses l'Eve mitochondriale.
1987

OH 62 (Homo habilis) est découvert par Tim White à la gorge d'Olduvai en Tanzanie (Johanson, 1989; Johanson, 1987). Il s'agit d'un crâne incomplet, des bras et de dents appartenant sans doute à une femelle; l'âge est estimé à 1,8.106 ans.
1986

OH5
KNM-WT 15000 (Homo erectus ?). Le garçon de Turkana est découvert par Kamoya Kimeu à Nariokotome près du lac Turkana au Kenya (Brown et al. 1985; Leakey, Lewin 1992; Walker, Leakey 1993; Walker, Shipman 1996).

Il ne manque à ce squelette que les mains et les pieds. L'âge lors de la mort est estimé entre 9 et 12 ans et le fossile est daté à -1,6.106 ans. La taille est de 160 cm (supposée de 180 cm à l'âge adulte) et le volume cérébral de 880 cm3 (supposé de 910 cm3 à l'âge adulte).
1984

Yves Coppens propose l'East Side Story : «il y a huit millions d'années, une crise tectonique réactive la Rift Valley et entraîne un climat plus sec à l'est; soumises à un changement important de l'environnement, les populations orientales évoluent vers les Australopithèques alors que les populations occidentales restent inféodées à la forêt et donnent les grands singes» (Coppens, 1994).
1983

Reconstitution d'une femme néandertalienne
Découverte par Francois Leveque du squelette écrasé, mais presque complet, d'une néandertalienne, près de Saint-Césaire (Charente maritime). Le squelette est accompagné d'outils de pierre de type Châtelperronien.

Daté d'environ -35 000 ans c'est un des derniers Néandertaliens connus.
1979

Empreintes de pas, Laetoli

Reconstitution, Laetoli
Les empreintes de Laetoli sont découvertes par Paul Abell au nord de la Tanzanie. Il s'agit de la piste de deux Hominidés (peut-être de trois), croisée par celle d'un Hipparion, dans des cendres volcaniques datées de 3,6.106 ans (Mary Leakey, 1979).

Les empreintes de Laetoli ressemblent par certains aspects aux empreintes humaines et indiquent de vrais bipèdes, mais le pouce situé de côté montre une structure originale, différente de celle de l'Homme.
1978

KNM-ER 3733 (Homo erectus ?). Découvert par Bernard Ngeneo à Koobi Fora au Kenya (Leakey and Walker 1976). Il s'agit d'un crâne daté à -1,7.106 ans. La découverte de ce fossile dans la même strate qu'ER 406 (A. boisei) à donné le coup de grâce à l'idée d'une évolution linéaire des Hominidés: chaque nouvelle espèce ne remplaçe pas celle qui l'avait précédé, mais l'évolution est au contraire buissonnante, alternant diversifications et extinctions.
1975

Reconstition du squelette de Lucy, Muséum de Mexico
Lucy Australopithecus afarensis (AL 288-1). Découvert par Donald Johanson, Tom Gray et Maurice Taïeb en 1974 à Hadar en Ethiopie, ce fossile date d'environ -3,2.106 ans. Lucy était un adulte femelle d'environ 25 ans et mesurant à peine plus d'1 m (Johanson, 1976).

Resté longtemps le plus ancien fossile qui pouvait tenir lieu d'ancêtre commun, le nombre des os retrouvés (40% du squelette) et en particulier la présence du bassin et d'un fémur, ont permis de reconstituer un déplacement bipède bien affirmé avec la conservation d'aptitudes arboricoles. La célébrité de la découverte a aussi été assurée par l'emploi d'un surnom, lequel vient de la chanson des Beatles, Lucy in the sky with diamonds.
1975

Tautavel
Découverte à Arago, par Henry de Lumley, d'un crâne partiel accompagné de cinq molaires. L'âge est estimé à -400 000 ans, ce qui en fait le plus ancien "français". Le volume de sa boîte crânienne est de 1 150 cm3 et la taille de 1,65 m. La position phylogénétique de ce fossile est discutée.
1971

Vincent Sarich à partir de la comparaison des séquences en acides aminés de l'albumine et de l'hémoglobine des Primates propose un âge de -5 à -4.106 ans pour l'ancêtre commun de l'Homme et du Chimpanzé (Sarich, 1969).
1969

Sangiran 17
Découverte par Sastrohamidjojo Sartono à Sangiran sur l'île de Java d'un crâne presque complet : Sangiran 17 (Homo erectus). Le volume cérébral atteint 1 000 cm3. Une datation récente le situe à -1,7.106 ans, ce qui implique des migrations précoces à partir de l'Afrique.
1969

OH 24
OH24, (Homo habilis). Découvert par Peter Nzube dans la gorge d'Olduvai en Tanzanie, ce crâne était applati et a été surnommé Twiggy. Le volume cérébral n'est que de 600 cm3, peut-être à cause de la distorsion qui persiste après reconstruction. Il est daté d'1,8.106 ans.
1968

Deux crânes découverts près de la rivière Omo en Ehiopie par Richard Leakey sont aujourd'hui datés à 195 000 ans, et ont longtemps été considérés comme les plus anciens Homo sapiens connus (McDougall et al. 2005).
1967

OH5
Découverte dans la gorge d'Olduvai en Tanzanie, par Mary Leakey, d'un crâne presque complet, OH 5, dénomé Zinjanthropus (Australopithecus boisei). L'âge est estimé à -1,8.106 ans et le volume cérébral est de 530 cm3 (Leakey, 1959).

D'abord considéré comme un ancêtre de l'Homme, on le place aujourd'hui sur un rameau latéral de la lignée humaine.
1959

Découverte des squelettes de dix néanderthaliens dans la grotte de Shanidar (Iraq). Le premier squelette découvert (Shanidar 1) celui d'un homme de plus de 40 ans, montre des blessures et des infirmités telles que seule une solidarité sociale permettait sa survie, confirmant les observations faites à La Chapelle aux saints.

Le quatrième (Shanidar 4), placé sur le côté dans une position fœtale, était accompagné de pollens floraux; ceci a été souvent interprété comme le témoignage d'une pratique funéraire élaborée, mais une étude ultérieure (Paul B. Pettitt, 2002) explique le transport de ces pollens au voisinage du cadavre par l'activité d'un rongeur Meriones persicus commun dans la grotte à l'époque de la mort et encore aujourd'hui.
1957-1961

Cerf, Lascaux

Cheval, Lascaux
Découverte de la grotte de Lascaux par quatre adolescents et leur chien. Les peintures sont datées indirectement à -17 000 ans (1). Il s'agit de signes abstraits, d'empreintes de mains au pochoir, de représentation d'animaux. Les peintures, qui témoignent d'une exceptionnelle maitrise artistique, sont exécutées à l'aide de mélanges de sable et d'argiles, d'oxydes de manganèse ou de fer, de charbon de bois.

Les animaux représentés (surtout des chevaux, des aurochs et des cerfs) ne sont pas ceux qui sont chassés (essentiellement des rennes). La signification de ces peintures reste incertaine bien que de nombreuses explications aient été proposées; les dernières sont les plus convaincantes (Aujoulat, 2008).
(1) Une baguette de bois de Renne issue des fouilles de l'Abbé Breuil a été datée en 2002 à -18 600 ans

archeologie.culture.fr/lascaux/fr/
1940

Theilhard de Chardin écrit Le phénomène humain, ouvrage mystique dans lequel il défend l'idée d'une évolution convergente des populations humaines à partir de l'apparition d'Homo sapiens. En disgrâce avec la hiérarchie catholique depuis la rédaction, en 1923, d'un premier essai de sa "cosmologie" qui touchait au dogme du péché originel et à l'interprétation de la mort corporelle, ses livres ne seront publiés qu'en 1955.

1940

Entre 1929 et 1937, 14 crânes partiels, quelques autres os et des outils de pierre sont découverts à Zhoukoudian (à l'époque Choukoutien), près de Beijing (à l'époque Pékin), avec la participation de Pierre Theilhard de Chardin pour le premier. Leur âge est estimé entre -500 000 et -300 000 ans. Les fossiles disparus en 1941 ne sont connus aujourd'hui que par les descriptions et moulages réalisés par Franz Weidenreich avant cette date : Homme de Pékin ou Sinanthrope (Homo erectus).
1929-1937

L'enfant de Taung
Découverte par Raymond Dart, à Taung en Afrique du sud, d'une face complète avec les dents et les mâchoires et d'un moulage interne du crâne datant de -3 à -2.106 ans (Dart,1925). Cet enfant devait avoir 3 ans. La taille du cerveau est de 410 cm3 et aurait été de 440 cm3 à l'âge adulte.

Cette découverte déplace les origines de l'Homme en Afrique (confirmant ainsi la prédiction de Darwin), ce qui ne sera pas admis par la communauté scientifique avant 1940. La position du trou occipital avait également convaincu Dart que ce fossile était bipède (Australopithecus africanus).
1924

Charles Dawson, un avocat amateur de fossiles, et Arthur Woodward, conservateur au British Museum "découvrent" à Piltdown des fragments de crâne et une mâchoire. Il faudra attendre 1953 pour que la communauté scientifique anglaise admette qu'il s'agit d'un faux : daté au 14C, le crâne s'avère remonter au Moyen-âge et la mâchoire a à peine plus.

L'origine de ce faux n'a pas été éclaircie. Selon Gould, Dawson et Teilhard de Chardin seraient les auteurs d'une farce qui les aurait rapidement dépassés (Gould, 1984).
1912

Crâne d'Homo neanderthalensis, La Chapelle aux saints

Reconstitution d'Homo neanderthalensis par F. Kupka
Découverte par Amedee et Jean Bouyssonie d'un squelette presque complet d'Homo neanderthalensis près de La Chapelle aux Saints.

La reconstitution de F. Kupka, réalisée en 1909, sur les directives de M. Boule, considérée comme erronée aujourd'hui, eût une grande influence et diffusa l'idée d'un homme primitif, au front fuyant, aux arcades sourcilières fortes, aux genoux fléchis. Au contraire, ce squelette présente des "signes de vieillesse"; sa survie jusqu'à un âge estimé entre 30 et 40 ans montre que les néandertaliens possédaient une structure sociale complexe.

L'âge du site est estimé à 60 000 ans.
1908

Lémurie
A la suite de Philip Sclater (ou Scloter?), Ernst Haeckel (Histoire de la création, Anthropogénie) situe l'origine de l'Homme dans un continent disparu entre Madagascar et la Malaisie qu'il nomme Lémurie, contribuant ainsi à la création d'un mythe (de Quatrefages, 1894).
188?

Découverte dans la grotte de Spy par Marcel de Puydt and Max Lohest de deux squelettes néandertaliens presque complets.
1886

Altamira
Découverte dans la grotte d'Altamira, connue depuis 1868, de peintures de Bisons. Il faudra attendre la fin du siècle et des découvertes équivalentes dans des grottes françaises (grotte de la Mouthe, de Combarelles et de Font-de-Gaume), pour que l'ancienneté de ces peintures soit reconnue.
Des datations (récentes !) au 14C de ces peintures figuratives ont donné un âge de 15 000 à 18 000 BP. Des datations encore plus récentes (2012) de la calcite recouvrant certains symboles abstraits à l'Uranium / Thorium donnent un âge de 38 000 BP, indiquant que cette grotte à fait l'objet "d'ajouts" graphiques pendant plus de 20 000 ans.
1879

Charles Darwin publie La descendance de l'Homme et la sélection sexuelle, ouvrage dans lequel il défend l'idée que l'origine de l'Homme se situe en Afrique.
1871

Cro Magnon

Cro Magnon
Découverte de cinq squelettes d'Homo sapiens à Cro-Magnon, un abri sous roche situé dans la commune des Eyzies par Louis Lartet (fils d'Edouard), accompagnés d'outils de pierre, de bois de Renne gravés et d'ornements de coquillages et d'ivoire. L'âge de ce site est estimé à -28 000 ans.
1868

Alfred Wallace propose la théorie d'une transformation parallèle des ancêtres simiens de l'Homme moderne sur les différents continents, aboutissant aux "races" de l'Homme moderne (théorie polygénique).
1864

Edouard Lartet met au jour à Aurignac des outils qui serviront d'archétype pour définir la culture Aurignacienne et défend l'idée que des Hommes ont cohabité avec des espèces animales disparues (Lartet, 1861).
1860

Caricature de Darwin
Charles Darwin se décide à publier l'Origine des espèces (Darwin, 1859). Il diffère à plus tard le problème de l'origine de l'Homme, sans pour autant empêcher la polémique, résumée par la caricature qui le représente avec un corps de Singe.
1859

Découverte par Johann Fuhlrott dans la grotte de Feldhofer, vallée de Neander d'un fragment de crâne et de quelques autres os. Bien que Fuhlrott ait interprété sa découverte comme celle d'un humain primitif, Rudolf Virchow et une majorité de scientifiques affirmeront qu'il s'agit d'un homme moderne pathologique.

En 1863, Thomas H. Huxley publia une étude de ces ossements, accentuant les traits les plus primitifs, et suggérant ainsi qu'il s'agissait d'un intermédiaire entre l'Homme moderne et le Singe.

En 1999, d'autres os appartenant au même individu ont étés mis à jour (Homo neanderthalensis).
1856

Découverte à Aurignac de 17 squelettes d'Homo sapiens, dans une petite grotte. Les squelettes sont pris pour ceux d'humains récents et sont réensevelis dans le cimetière communal; on ne les retrouvera jamais.
1852

Jacques Boucher de Perthes publie les Antiquités celtiques et antédiluviennes (un deuxième tome sera publié en 1857 et un troisième volume en 1864). Il s'y attache à démontrer que les silex retrouvés dans les couches géologiques sont des outils façonnés par des hommes contemporains d’animaux disparus. Il nomme " diluviennes " les strates dans lesquelles ces vestiges sont trouvés et affirme qu’ils remontent à des millénaires, justifiant ainsi son appellation d'Homme «antédiluvien» (Boucher de Perthes, 1847).
1847

Samuel Morton publie Crania Americana, ouvrage dans lequel il défend la division de l'humanité en quatre races principales ayant atteint des degrés de perfectionnement différents.
1839

Découverte d'un fragment de crâne appartenant à un enfant de deux ans et demi. Ce crâne n'a été correctement attribué à Homo neanderthalensis qu'en 1936. Un autre crâne (d'adulte) trouvé en 1848 à Gibraltar ne sera reconnu comme néandertalien qu'en 1864.
1829

Lamarck émet l'idée que l'Homme descend d'un quadrumane qui s'est redressé, mu par le «désir de voir au loin» (Lamarck, 1809).
1809

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