Le bien-être de l'enfant et l'efficacité des apprentissages n'ont quasiment jamais été pris en compte dans la détermination du temps scolaire quand ils n'étaient pas tout simplement inconnus.
Les vacances se sont allongées au fil de l'histoire. Reproduisant la séparation sociale des ordres d'enseignement, le primaire et le secondaire, elles étaient pour les vacances d'été (les seules présentes à l'origine) plus tardives qu'aujourd'hui, et peut-être plus encore dans le primaire car déterminées par la participation des enfants (des classes populaires c'est à dire des paysans) aux moissons et aux vendanges: quand elles sont avancées de 15 jours en 1959, une circulaire autorise les autorisations d'absence dans les régions viticoles dès l'année suivante. Les motivations des vacances accordées aux lycéens (tous des garçons) étaient différentes, on a écrit que c'était pour permettre la participation aux chasses paternelles, mais peut-être plus simplement pour suivre leurs parents en vacances que seuls les bourgeois s'autorisaient avant les congés payés.
Pourtant, en 1887 (!), une commission d’étude ministérielle estime notamment que le système d’éducation primaire avec six heures de classe par jour et 30 heures hebdomadaires (pendant 44 semaines de classe) est certes abusif mais que la fatigue des élèves due à une surcharge de travail scolaire résulte bien plus de la manière dont les programmes sont interprétés par les enseignants que de leur véritable étendue.
Par comparaison avec les 864 heures de classe pour la France, la Norvège, n'en compte que 693 heures par an sur 190 jours et les Pays-Bas 970 heures de classe sur 200 jours; ces deux pays étant bien mieux classés dans les évaluations européennes que la France.
| A l'automne une mobilisation lycéenne sans précédent associant des grèves scolaires et des manifestations inclut dans sa longue liste de doléances des journées bien trop longues. |
2026 | - |
| Jean-Michel Blanquer en annonçant hypocritement le libre choix des communes pour les rythmes scolaires en primaire, permet le retour à la semaine de 4 jours, ce qui lui permet d'éconnomiser les moyens déjà insuffisants consacrés à une réforme des rythmes scolaires (l'état n'apporte plus d'aide aux communes). |
2017 | - |
| Vincent Peillon affiche l'ambition de modifier en profondeur l'école. Cette ambition se heurte à de nombreux obstacles. Mais les meilleures intentions du monde peinent à déboucher sur des transformations concrêtes. Dans le Premier degré, on en retient surtout une réforme des rythmes scolaires, réduisant la longueur de la journée de classe par report de 3h30 au mercredi matin (864 heures sur 180 jours). L'objectif est aussi de réduire la journée à 5h en 6e et 5e de collège. |
2013 | - |
|
La durée hebdomadaire d'enseignement passe à 24 heures (864 heures sur 180 ou 144 jours). Le service des enseignants conserve 108 heures annualisées de concertation et d'aide personnalisée en plus du temps d'enseignement. |
2008 | - |
|
Un aménagement du temps scolaire est autorisé au cas par cas, s'il est compensé par un raccourcissement des vacances d'été. |
1991 | - |
|
936 heures de classe sur 180 jours pour permettre une heure de concertation des enseignants. La loi "Jospin" fixe pour objectif (jamais mis en œuvre) le rééquilibrage de la journée, de la semaine et de l’année . |
1989 | - |
|
Les vacances d'été sont raccourcies (elles s'arrêtent au tout début septembre) et celles de la Toussaint créées. |
1981 | - |
|
Le jour d’interruption hebdomadaire des classes passe du jeudi au mercredi. |
1972 | - |
|
Abaissement du temps scolaire de 30 à 27 heures hebdomadaires (972 heures de classe sur 180 jours). En général, les enseignements du samedi après-midi sont supprimés. |
1969 | - |
|
Les vacances de février sont fixées à 9 jours et organisées en 2 zones à la demande d'organisations du tourisme d'hiver. En 1972 le nombre de zones passe à 3 (un effet des Jo d'hiver de Grenoble); elles reviendont à 2 entre 1986 et 1991, puis seront rétablies à 3 zones. Moins de 15% de la population prend des vacances au ski (Gani, 2025. |
1968 | - |
|
L'inspecteur d’académie, sur demande des personnes responsables, peut accorder des autorisations d'absence aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés aux travaux agricoles (article 5, loi du 28 mars 1882), dans les départements viticoles compte tenu des travaux de vendanges. |
1960 | - |
|
Les vacances d'été dont la durée reste identique sont à nouveau avancées de 2 semaines pour commencer début juillet. L'année comprend 37 semaines de classe et 15 semaines de vacances (1 080 heures de classe sur 180 jours hors jours feriés) |
1959 | - |
|
Le Front populaire aligne les vacances d’été pour les élèves des Premier et Second degrés. Elles sont avancées de deux semaines pour commencer le 14 juillet afin que «les vacances des enfants et les congés des parents soient mis en harmonie», selon le vœu du ministre de l’Éducation nationale Jean Zay. La mesure s'accompagne de la création progressive des colonies de vacances. Le Front populaire introduit quatre jours en février, si Pâques est tard et quatre jours à la Pentecôte, si Pâques est tôt. Les vacances des élèves du Premier degré étaient variables mais entre 6 et 8 semaines jusqu’à la fin du 19e siècle. En 1922, les vacances duraient deux mois du 31 juillet au 30 septembre (liées en primaire à 1 278 heures de classe). |
1938 | - |
|
Deux semaines de congés sont introduites à Noël et une semaine à Pâques. |
1925 | - |
|
Les vacances des lycées qui commençaient le 9 août en 1875 passent au 1er août en 1891 puis à la mi-juillet en 1912. La reprise des cours restant fixée au début octobre, la durée des vacances s'allonge de 8 à 12 semaines. |
1891 | - |
|
Le temps scolaire est de 30 heures hebdomadaires, reprenant le contenu de la loi Guizot. Les dates de début et de fin des vacances sont déterminées par les préfets, en lien avec les conseils départementaux de l'instruction publique à partir de 1854, puis par les recteurs à partir de 1887. Elles varient localement entre mi-août (après le 15, fête catholique de l'Assomption) et début octobre. Il y a congé le 1er janvier, 1e 14 juillet et lors des fêtes catholiques. |
1882 | - |
|
À la suite de la loi Guizot sur l'organisation de l'instruction primaire (1833), la durée des vacances est fixée à six semaines (maximum) par le statut du 25 avril 1834, premier règlement général sur les écoles élémentaires. Le même réglement fixe le temps scolaire à 30 heures hebdomataire (2x3 heures par jour), excepté le jeudi et le dimanche. Le jeudi permet l'enseignement religieux (très vite en dehors de l'école primaire). C'est la première loi qui vise une uniformisation des horarires jusque là des plus variés. La préoccupation essentielle est aussi de lutter contre l'absentéisme, lié en partie aux travaux agricoles d'où les vacances d'été (tardives). |
1834 | - |
|
Chez les frères des écoles chétiennes, le modèle non revendiqué reste celui du temps canonial et monastique (Gerbod, 1999). |
- |
Références

Dans les lycées les vacances sont organisées à la fin de l'été. Je ne suis pas sûr que l'explication des vacances dans l'enseignement secondaire par la pratique de la chasse par les lycéens soit des plus pertinentes, mais, dès le 19e siècle, la bourgeoisie prenait des vacances...
↑ Djéhanne Gani. 2025. Les vacances scolaires: toute une histoire !. L'Expresso, 4 février 2025. Le Café pédagogique.
↑ Julien Cahon. 2025. La tumultueuse histoire des vacances scolaires en France. The Conversation.
↑ Paul Gerbod. 1999. Les rythmes scolaires en France: permanences, résistances et inflexions. Bibliothèque de l'École des chartes Année 1999 157-2: pp. 447-477.
↑ Jérôme Louis. 2021. L’école primaire pour tous? La loi Guizot du 28 juin 1833. CTHS. DOI: 10.4000/books.cths.14472
Bibliographie
Adresse de cette page: http://www.didac-tic.fr/emile/temps/index.php